Curey

Sous le vocable de Saint-Martin et ses pierres tombales datées du 1383

Situation de Curey

La forme de Curey est généralement circulaire : l’église est à peu près au centre. La courbe du nord est tracée par le ruisseau des Monts-Leval ; le reste des lignes est arbitraire.



Par un développement récent, l’église est devenue cruciforme. Entre le chœurs et la nef il y avait un campanier : il a été détruit, rien ne le remplace : la paroisse a une église sans clocher. La grosses cloche, suspendue dans une cage en charpente, se balance près du sol dans le cimetière. L’édifice primitif, sans doute celui que le fils de Rollon donna au Mont-Saint-Michel, revit à nos yeux dans sa façade occidentale, dans des fenestrelles, des modillons et un vestige de porte.

Le XVe siècle est attesté, dans le chœur, par deux fenêtres et des vitraux où domine le jaune, et où l’on remarque le patron, Saint-Martin, mitré et crossé. Il y a beaucoup de dalles sépulcrales sur l’une desquelles est gravée une jolie croix. La plus ancienne mention que nous connaissions de cette église est dans la Bulle du Pape Alexandre III (1178), confirmative des dons faits au Mont : « Ecclesias de Ardevone, Vuinnes, Curei ».

Eglise de Curey

Plus tard elle fut cédée au Chapitre d’Avranches, témoin, cette charte du Livre Vert : « Ric. abbas M. S. M… nos concessionem juris patronatus et decime de Cure quam G. de Novo Mesnillo fecit viro ven. et discr. Decano in capit. Abr. ratam habemus 1259. » Ce même Guillaume donna à Foulques De Crux, son Oncle, chanoine d’Avranches, la dixme de Soligny. Elle était taxée à 12 liv. 10 s. En 1648, elle rendait 300 liv. ; en 1698 autant, et elle avait trois prêtres outre le curé. Curey renferme deux fiefs antiques, données au Xe siècle au Mont-Saint-Michel par Guillaume-Longue-Épée, Forges et Soligny « Forges, Solinnei ». Tous deux offrent quelque intérêt de construction : Forges a un grand escalier et sa tourelle ; Soligny a son portail, du XVIe siècle, à deux archivoltes, avec des jambages cannelés, sa fenêtre à deux accolades terminée en large trèfle, et son colombier avec sa bande armoriale.

Au XIVe siècle, G. du Hommet occupait le fief et vavassorerie de Soligny. Au XVIe siècle, il était aux Montgommery. Il est aisé de rattacher l’étymologie de ce nom à celle de Subligny, à tel point, mais à tort, selon, nous, qu’on a mis dans ce fief le berceau de l’illustre famille de ce nom.

Les autres fiefs sont les Martigny, Boschel, ect., mentionnées ci-dessous. Le Coin-des-Eaux indique un sol particulièrement humide dans une commune généralement basse et unie. Richardus de Cureio signa la charte de Caugé en 1050. Le Livre de l’Échiquier pour l’an 1198, et pour la préfecture de Pontorson, mentionne Jean de Curey : « de Joh. de Cure x li. ». On y trouve aussi un « Odo de Soligneio ». En 1261, le Mont acquit la prévôté, services et corvées de Curey. Dans la Nécrologie du Mont figure, au XIVe siècle, Gui de Curé. Dans ce siècle, Rob. de la Croix tenait la vavassorerie de Boschel en Curey, et Colin James, Martigny. L’Inventaire des Chartes dressé à cette époque mentionne : « Lit. presentationis ecc. de Curey – concordia inter nos et Fulc. de la Besliere supra quod mercatur apud Souligne 1318. ». En 1420, le Roi d’Angleterre fit « expédition du don fait a Colin James et a Roullande de Martigny de leurs héritages en la chastellerie de Pontorson, suivant la composition du chastel de Briquebec, mande au vicomte d’Avranches laisser jouir. ». A la fin du XVe siècle, Monfaut trouva des nobles à Boucey et à Curey ; les Delahaye et Pierre de Martigny à Curey. En 1698, le gentilhomme de Curey était René Delahaye, écuyer, et la paroisse payait 915 liv. de taille avec 82 taillables. En 1765, Expilly écrivait de cette paroisse « … 37 feux. Son terroir abonde en grains et en pâturages excellens. ».

D’après ces citations on peut reconnaître que le nom de Curey a peu varié. La règle générale qui préside aux noms terriens, et l’étymologie des localités circonvoisines autorisent à voir dans ce mot un nom propre, comme Curi. Le Domesday nous donne ce nom : Curi était propriétaire dans le comté de Leicester. Il y a en France une dizaine de communes du nom de Cure, Curé et Curey.


Voix enregistrée : Emmanuelle GEORGES